Daphné, infirmière au Québec

daphné infirmière
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Daphné commence par trois ans en école d’infirmière près de Bordeaux. Une fois son diplôme obtenu, elle travaille en gériatrie, en admission psychiatrique puis en chirurgie digestive.

Après ces diverses expériences, elle obtient un permis de travail pour le Canada. En avril 2013, elle s’envole pour Montréal.

Pourquoi le Québec ?

J’ai choisi ce métier afin de voyager, avec pour objectif de faire de l’humanitaire un jour. L’idée de partir travailler à l’étranger m’a donc toujours attirée. 

En 2010, un ARM des qualifications professionnelles (Accord de Reconnaissance Mutuelle) a été signé entre l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) et l’Ordre des infirmiers de France ainsi que le Ministre de la Santé. Grâce à cet accord, les infirmières n’avaient plus besoin de passer l’examen de l’Ordre Infirmier du Québec, mais simplement un stage d’équivalence de 75 jours environ. Les démarches étaient donc plus faciles, plus rapides et cet arrangement m’a convaincue de venir ici.

Le pays en lui-même me donnait aussi beaucoup envie, découvrir l’Amérique du Nord ainsi qu’une toute nouvelle façon de travailler.

Comment as-tu obtenu ce poste ?

Il faut savoir qu’il y a deux types d’infirmières au Québec : les techniciennes et les cliniciennes. Avant 2014, les infirmières françaises étaient considérées comme techniciennes, ce qui signifiait une main d’œuvre qualifiée et surtout moins chère. On venait donc nous chercher en France, notamment dans les salons infirmiers. C’est comme ça que j’ai « embarqué » dans ce projet comme on dit ici. Aujourd’hui, je pense que le recrutement doit être moins intense à cause de notre changement de statut puisque nous sommes désormais considérées comme cliniciennes.

Pour mon poste, j’ai directement pris contact avec Recrutement Santé Québec. Ils m’ont envoyé un listing avec des hôpitaux qui m’intéressaient et susceptibles de recruter. J’ai donc choisi celui que je voulais, puis envoyé lettre d’introduction et CV. J’ai ensuite passé un entretien Skype avec un membre des ressources humaines de l’hôpital en question ainsi qu’un membre de la Direction des soins.

Quelles ont été les autres démarches à effectuer ?

Une fois le poste obtenu, j’ai dû m’inscrire à l’Ordre infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) par le biais de leur site. J’ai rempli le formulaire de demande et ils m’ont envoyé une trousse avec tous les papiers nécessaires.

En même temps, il m’a fallu m’occuper également du côté immigration sur le site CIC en faisant une demande de permis de travail fermé de deux ans.

Toutes ces démarches impliquent beaucoup de frais mais j’étais aidée financièrement par l’hôpital qui me recrutait. Je ne suis pas certaine que ce soit toujours d’actualité. Je suis arrivée au bon moment !

Comment s’est passée ton arrivée ?

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C’était la première fois que je mettais les pieds à Montréal et j’étais toute seule, je ne connaissais personne. Pourtant, j’avais l’excitation de l’inconnu, de la nouveauté et je me suis tout de suite sentie bien dans cette ville. Je dois avouer que j’étais également heureuse d’être enfin là après plusieurs mois de démarches fastidieuses !

J’ai reçu une formation théorique de 15 jours avec une quinzaine d’autres infirmiers français arrivés en même temps. Cela m’a permis de rencontrer rapidement des gens et de créer des liens.

Ton travail ?

J’ai d’abord été affiliée à un service de chirurgie, dans lequel je travaillais de nuit. J’ai ensuite effectué un remplacement en clinique de jour, toujours dans le même hôpital, puis j’ai obtenu un poste aux soins intensifs spécialité hépatobiliaire en travail de nuit.

Le job d’infirmière au Québec par rapport à la France ?

Selon moi, le plus difficile est de s’adapter aux méthodes de travail différentes, à l’organisation du personnel et à la répartition des tâches.

En France par exemple, il y a une infirmière qui fait les soins techniques et une aide soignante qui fait les soins d’hygiène. Au Québec, ce sont les préposées aux bénéficiaires qui font uniquement les soins d’hygiènes, les infirmières auxiliaires qui, elles, peuvent faire tous les soins techniques sauf donner les traitements intraveineux et relever les prescriptions médicales. Les infirmières techniciennes et cliniciennes ont le droit d’effectuer toutes les tâches.

La charge de travail aussi est différente car il y a plus de personnel. Les horaires ne sont pas non plus les mêmes, c’est un rythme à prendre.

Il faut également se faire au vocabulaire. Par exemple, la « réanimation » en France correspond aux « soins intensifs » ici, alors que les « soins intensifs » en France correspondant aux « soins intermédiaires » ici. Il faut vite comprendre et s’adapter. Mais le stage d’équivalence à l’arrivée permet justement de mieux comprendre et intégrer ces différences.

Une autre différence, le choix des postes et des vacances ici fonctionne par ancienneté.

Au niveau du salaire ?

Il est nettement plus intéressant qu’en France mais par contre je fais des semaines de 37,5 heures. Nous avons aussi la possibilité de faire des temps supplémentaires pour gagner plus alors que c’est moins évident en France, sauf dans le privé. Maintenant j’appartiens à l’échelle salariale des infirmières cliniciennes. Autre avantage, quand je suis arrivée ils ont pris en compte mon ancienneté alors que si je rentrais en France ils ne le feraient pas.

Ta journée type ?

C’est assez spécial vu que je suis en soins intensifs et cela peut changer à tout moment.

En gros, j’ai un ou deux patients à gérer selon l’état, la stabilité et la charge de travail de chacun. C’est une spécialité particulière car il s’agit de soins très techniques. Je commence à 19h45 et je finis le matin à 7h45. J’ai une pause pour manger entre 20h et minuit, puis une pause entre minuit et 8h pendant laquelle je peux faire ce que je veux (dormir, manger, lire, etc).

Ton expérience là-bas ?

Le fait d’être venue ici a été enrichissant car cela m’a permis d’exercer mon métier différemment, de me remettre en question. J’en apprends tous les jours et cette expérience est un véritable tremplin. Montréal est une ville où je me sens bien, une ville agréable où il fait bon vivre et où les gens sont plus détendus.

À l’issue de mes deux ans de visa, j’ai donc fait une demande de Résidence Permanente (obtenue en février 2016) car je ne me voyais pas partir. Maintenant cette ville fait partie de moi, c’est mon chez moi, elle m’a permis de me construire et j’ai envie de continuer à vivre ici.

Des projets à venir ?

Un avantage que j’ai pu obtenir en travaillant ici, c’est de pouvoir faire une demande de congé différé, c’est à dire que pendant un an et demi j’ai été payée 75% de mon salaire et que maintenant pendant 6 mois je vais être en vacances tout en étant rémunérée. Je pars donc dans un mois en voyage autour du monde et je retrouverais mon poste à mon retour.

2 COMMENTAIRES

  1. bonjour je suis congolais et j’ai fait une demande d’emploi a une compagnie au Canada qui ma répondu et aussi a validé ma candidature elle m’a envoyé la lettre d’admission et un formulaire de demande de visa juste savoir si la procédure utilisée par l’entreprise est justifier. éclairé moi s’il vous plait

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