Matthieu, expérience HelpX au pluriel

matthieu helpx
Copyright : Adeline de Oliveira
Assurances PVT Canada

Après une License 3 en Roumanie, Matthieu, étudiant en sociologie, décide de prendre une année de césure. Il commence par quatre mois à Dublin, avant de s’envoler au Canada le 1er avril 2017 pour trois mois avec un visa touriste.

Du HelpX au Canada

J’ai toujours été attiré par ce pays pour sa nature, ses vastes espaces et sa culture. Mon but était donc de voyager là-bas tout en profitant de différentes expériences en HelpX.

Je me suis inscrit une semaine avant de partir. L’abonnement est de 20€ pour deux ans (abonnement « Premier »). J’ai choisi cette plateforme parce qu’elle offre un accès direct à tous les pays ainsi qu’un vaste choix de missions. HelpX possède un large réseau et les gens communiquent beaucoup dessus. La charte établit 4h à 6h de travail par jour pendant 5 à 6 jours par semaine selon les missions. En réalité, les choses sont bien différentes une fois sur place mais mon but était d’apprendre, pas de compter mes heures.

Trouver un HelpX

En arrivant au Canada, une amie habitant à Montréal m’a hébergé en attendant que je trouve un HelpX. J’ai envoyé quelques mails après avoir sélectionné les offres qui m’intéressaient, à savoir des fermes biologiques certifiées pouvant m’accueillir pendant un certain temps (au moins trois semaines).

Après une première sélection, j’ai regardé chaque profil, ce que les hôtes attendaient des Helpers afin de voir si cela me correspondait (fumeur, expérience préalable, etc.).

 

Myrielle, Jean-Louis et Alex

J’ai trouvé un premier HelpX à Saint Gabriel de Brandon dans une famille de québécois dont l’unique enfant a subit un accident grave et doit tout réapprendre (parler, marcher, manger, etc.).

Je devais les aider à la fois au jardin et à la maison. Il m’a fallu être autonome et gérer les tâches seul lorsqu’ils emmenaient leur fils à l’hôpital. Au lieu d’heures cadrées, je travaillais quand je voulais et j’alternais selon les besoins de la famille (jardinage, bricolage, cuisine, ménage, etc.). Finalement, je fonctionnais plus par tâches que par temps de travail. Je profitais non seulement des gens mais aussi du lieu situé en pleine nature.

Ce fut une excellente expérience surtout axée sur le côté humain. Leur rencontre m’a beaucoup apporté. Je suis resté avec eux une semaine puis j’ai ensuite décidé de trouver un autre HelpX correspondant plus à ce que je recherchais au départ.

Herboristerie à St-Eustache

Pour ce deuxième HelpX, j’ai travaillé dans une microferme dont la production est uniquement centrée sur les plantes médicinales. Mon hôte ne fabrique que des soins (teintures mères, onguents, crèmes, macérades, etc.). Biologiste de base, elle a monté sa ferme seule et développe ses cultures selon un apprentissage transmis dans sa famille de génération en génération.

herboristerie saint eustache
Copyright : Verte Santé
PartenaireAssurances PVT Canada

Le premier matin, notre hôte a décidé de faire une réunion pour nous expliquer sa vision du HelpX : elle allait nous offrir un apprentissage gratuit en herboristerie et, n’étant pas de véritables professionnels, nous devions nous considérer comme chanceux mais aussi être efficaces pour faire tourner son entreprise. Il y avait des règles de travail ainsi que des consignes précises pour la maison. Par exemple, il fallait avoir fini de petit déjeuner à 7h30 pour être en bas dans la cave et commencer à travailler à 8h sinon nous n’avions rien à faire ici. Rien à voir avec l’ambiance de mon premier HelpX !

Étant donné que nous étions mi-mai, le travail consistait à faire du repiquage et des semis dans la cave, c’est à dire planter des petites graines dans des pots, les faire pousser puis replanter, etc. Nous ne nous occupions donc pas du jardin à proprement parlé, mais plutôt de ce qui s’y trouverait plus tard. Nous passions toutes nos journées enfermés dans la cave. Une fois le travail terminé, nous n’avions aucun espace de tranquillité pour lire ou souffler et nous devions également nous occuper du ménage de la maison.

Particulièrement rigide et intransigeante, notre hôte ne donnait clairement pas dans le rapport humain. J’ai essayé plusieurs fois de lui poser des questions sur les plantes et sur leur utilisation mais celle-ci s’en tenait uniquement aux tâches à exécuter.

Fatigués de cette situation, les deux autres volontaires sont partis au bout de cinq jours. Après un énième malentendu avec elle, j’ai également quitté la place quelques heures après eux. J’étais venu pour rencontrer et apprendre, pas pour subir ce genre de comportement.

Marie Jo, de la poterie à Percé 

Après 12h de route, la moitié en lift et l’autre moitié en pouce, Marie-Jo, mon hôte, m’a chaleureusement accueilli chez elle en Gaspésie. C’est une femme active, très humaine, avec une belle maison d’artiste dont la grande baie vitrée fait face au rocher Percé.

poterie perce
Copyright : Marie-Josée Tommi

Les matins étaient consacrés à la poterie et Marie-Jo m’apprenait beaucoup de choses : sablage, mélange pour la pâte utilisée (« barbotine »), modelage, cuisson, soit tout le processus de la terre à la sculpture. Elle me demandait ce que j’avais envie de faire comme poterie, quel type de sculpture. C’était agréable de redécouvrir cette sensation de toucher, le plaisir de fabriquer quelque chose de mes propres mains. Je trouvais cette activité intéressante et particulièrement relaxante. Les après-midi, mon hôte me laissait vaquer à mes occupations et me poussait à sortir pour découvrir la région.

Un matin, deux inconnus ont toqué à la porte, deux français en voyage qui voulaient savoir s’il restait de la place pour aider et être hébergés sans passer par plateforme HelpX. Mon travail étant fait, je leur ai proposé d’aller boire un verre en attendant le retour de Marie-Jo. Au bar, nous avons rencontré deux autres voyageuses. À notre retour, mon hôte a accepté d’héberger chez elle les quatre personnes. Pendant que ces derniers aidaient aux tâches quotidiennes (ménage, ramonage de la cheminée, etc.), je continuai la poterie en essayant de leur apprendre quelques techniques.

Marie-Jo nous laissait beaucoup de temps libre et nous a même emmenés un jour à la rivière aux Émeraudes pour que l’on puisse camper tous ensemble et profiter de ce coin magnifique.

 

Au bout d’une semaine et demi, j’ai décidé de voyager en Gaspésie pendant 4 jours avant de rejoindre un nouveau HelpX à Port-Neuf, près de Québec.

Eco-construction et permaculture

Pour cette 4ème expérience, j’étais chez une designer en permaculture qui a construit elle-même sa maison de façon entièrement écologique, avec du bois récupéré et peu de matière grise. Le travail consistait principalement à aider au jardin et à la maison.

Une fois là-bas, j’ai commencé par enlever l’isolation qui devait être remplacée. J’ai ensuite désherbé tout le jardin, défais sa clôture, planté des tomates, tressé du houblon, etc. Avec une autre « helpeuse », mon hôte et un voisin, nous avons également installé une forêt nourricière dans le village. Kate, mon hôte, était à l’origine de ce projet pour toute la commune : en bas du village un bout de terrain a été récupéré afin d’y planter des arbres fruitiers et de pouvoir faire un récolte commune le temps venu. Nous avons donc planté, fait des « swell » (buttes de terre servant à réguler l’irrigation) et fabriqué une pergola.

Le reste du temps, je profitais des alentours. L’endroit me plaisait et j’ai fait de très belles rencontres parmi le voisinage. Je suis resté deux semaines. Le travail était intéressant mais j’aurais aimé faire plus de permaculture.

portneuf permaculture
Copyright : Bernat Ferragut et Kate Alvo

Ce que tu en retires, ce que tu as appris

Le HelpX est une excellente façon de voyager si on a du temps devant soi. C’est très intéressant car on vit avec des locaux, on découvre vraiment la culture du pays et finalement on apprend toujours, quel que soit le travail effectué.

Pour ma part, je préfère travailler avec mon hôte et/ou d’autres Helpers, je trouve ça plus sympa, plus enrichissant.

Le HelpX offre de belles rencontres humaines que je n’aurais pas forcement faites durant un voyage classique. Cela demande pas mal d’adaptation, d’ouverture d’esprit et de débrouillardise. C’est aussi très intéressant pour ceux qui souhaitent apprendre un métier ou des compétences particulières (forme d’agriculture, poterie, etc.).

Quelques conseils en plus

  • Vérifiez que la personne est en accord avec ce que vous recherchez.
  • Ne pas oublier que les Helpers ont besoin de leurs hôtes mais que le contraire est tout aussi valable. C’est un échange mutuel et le fait d’être hébergé ne veut pas dire qu’il faut accepter n’importe quelle condition.
  • Regardez toujours les commentaires des autres Helpers, prenez le temps de voir ce qu’ils disent et privilégiez les bons retours. Typiquement, mon expérience chez l’herboriste comprenait pas mal de mauvais avis.
  • Selon l’organisation de votre voyage, essayez de voir ceux qui recherchent des Helpers pour un temps précis ou ceux qui sont plus souples.

1 commentaire

  1. Bonjour,
    C’est geniale , qu’elle belle expérience en revanche Je pensais qu’il fallait absolument un visa travail pour profiter du helpx.
    Es ce possible maigres tout ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here