Portrait d’EIC : Alice, opticienne

©Sandra al Ayoubi photography
Assurances PVT Canada

Après un BTS Opticien Lunetier de 2 ans, Alice travaille d’abord quelques années pour différentes enseignes avant de demander son PVT d’un an pour le Canada en 2014.

En mars 2015, direction la ville de Montréal !

Expérience Canada

Pourquoi le Canada ?

Pendant mon BTS, les enseignants nous avaient parlé du Canada car les opticiens sont très demandés là-bas. À cette époque, j’avais l’envie mais pas assez pour tout quitter et partir m’installer, ce n’était juste pas le bon moment.

Bien que l’idée soit restée dans mon esprit, la vraie motivation et le fait de passer à l’action furent liés à un autre facteur. Quelques années après, mon ancien compagnon a fait la demande pour partir là-bas et j’ai, dès que possible, fait de même afin de pouvoir le suivre. Au final, cela a pris plus de temps que prévu et lui est rentré au bout de son année, tandis que moi j’arrivais, seule, à Montréal.

Une fois sur place…

Pas de grosse surprise car j’y étais déjà venue en vacances. Je me sentais excitée d’être là mais j’ai laissé mes émotions de côté. J’étais trop concentrée sur la recherche de travail et d’appartement pour prendre le temps de ressentir le moment. Mon idée était de résoudre ces deux priorités pour ensuite me poser et profiter.

Sur place, je ne connaissais personne, j’ai donc logé deux semaines dans une auberge de jeunesse située dans le sud-ouest de la ville.

Côté travail, j’avais déjà passé deux entretiens par Skype depuis la France, et je devais rencontrer chaque interlocuteur en face à face une fois à Montréal. Je suis donc arrivée le samedi, j’ai fait les entretiens physiques le lundi et le mardi, une journée d’essai le jeudi et j’ai obtenu le poste le vendredi. Une fois que j’ai su cela, je me suis organisé une douzaine de visites pour trouver un appartement.

Résultat des comptes : dimanche soir j’avais une chambre dans une colocation de 6 personnes et le lundi je commençais à travailler. Cependant, j’ai décidé de me laisser une semaine avant d’emménager, j’avais besoin de prendre un peu de recul et de me préparer à l’idée de vivre avec autant de monde. Au bout de cette même semaine, j’étais enfin prête et lancée !

Finalement je me suis rapidement retrouvée dans un quotidien métro/boulot/dodo. En parallèle, j’ai dû passer une équivalence afin de pouvoir travailler en tant qu’Opticienne d’ordonnance diplômée du Québec. Je l’ai obtenue au bout de 7 semaines avec un cours par semaine. Sans cette équivalence, j’aurais juste eu le droit d’occuper le poste de Conseillère en vente au lieu d’exercer pleinement ma profession. La paye aurait, elle aussi, été largement différente !

Hors travail, je suis beaucoup restée avec mes colocs qui m’ont sortie et montré quoi faire à Montréal. J’avoue être pas mal restée dans ce cocon familier, j’avais du mal à me créer un cercle d’amis en dehors d’eux car je ne suis pas des plus sociable et aller vers les autres est un exercice difficile pour moi.

Pourtant, au début du mois de juin, j’ai rencontré plusieurs personnes sur un groupe Facebook d’expatriés. En septembre, je suis partie 4 jours en road trip au Saguenay avec 9 parfaits inconnus. C’est comme ça que j’ai enfin eu mon fameux groupe d’amis.

Sans parler des changements dans ma colocation avec ceux qui s’en allaient et les nouveaux qui arrivaient, soit encore du monde à rencontrer.

La suite de ton Expérience Internationale Canada ?

Vers la fin de mon PVT, j’ai réalisé que j’avais vraiment envie de rester, que je préférais largement mon quotidien ici à celui de la France et que ma vie était plus facile à Montréal.

En décembre 2015, j’ai donc décidé de demander mon JP (à l’époque le cumul PVT et JP était encore possible) et je l’ai obtenu en janvier 2016.

En recevant ma lettre d’introduction, j’étais tellement heureuse qu’un petit détail sur le papier m’a échappé : mon JP ne m’avait été accordé que pour une durée de 8 mois au lieu de 24…

J’ai continué à travailler pour le même opticien puis je suis rentrée 5 semaines en France à la fin de mon PVT. À mon retour, le douanier m’a annoncé que mon JP s’arrêterait en janvier 2017, sans pouvoir me donner de raison, et que je devais juste fournir ma lettre d’offre d’emploi à l’Immigration pour que mes deux ans me soient accordés.

Au départ, je ne me suis pas vraiment inquiétée. C’était l’été, j’étais de retour à la maison et je retrouverais enfin ma chère routine montréalaise ! J’ai demandé plusieurs fois à ma responsable de me donner mon offre d’emploi sans retour de sa part.

Fatiguée de me battre pour ce papier, j’ai finalement laissé couler et cette dead line m’est plus ou moins sortie de la tête… Jusqu’au début novembre 2016 où je me suis réveillée comme une fleur, réalisant qu’il fallait que je me dépêche d’agir car il ne me restait qu’un mois pour ma faire ma demande (celle-ci doit se faire au plus tard un mois avant fin du visa). J’ai vraiment eu beaucoup de difficulté à obtenir tous les papiers car mes responsables ne m’ont pas facilitée la tâche.

J’ai enfin envoyé ma demande le 21 décembre 2016, en sachant que mon visa devait se terminer le 22 janvier 2017. Timing on ne peut plus serré ! Dans ce même courrier, j’ai également fait une demande de prolongation de JP afin de gagner du temps et de pouvoir continuer à travailler sur le territoire.

Depuis le 22 janvier, je suis donc en statut implicite et j’attends la réponse de l’Immigration. Cette situation est particulièrement stressante pour moi car j’ignore ce que ça va donner et je sais que la date butoir approche. En même temps, tant que je ne reçois pas de papier de l’Immigration dans ma boîte aux lettres, j’ai le droit ici de rester et de travailler.

Mon futur est donc assez flou pour l’instant et la réponse va être décisive pour la suite. Si c’est un « non », je pense faire une demande MJT en croisant les doigts pour l’avoir ! Quoi qu’il arrive, je projette de partir en road trip en Amérique Latine en septembre, pour une durée de 6 mois. C’est un peu ma motivation et ce qui me permet de tenir en ce moment.

Pour ce qui est du PVT, je le conseille vivement. C’est une belle expérience bien qu’elle soit parfois difficile et éprouvante. Elle permet de vivre une vie différente, de dépasser ses limites, de sortir de sa zone de confort et de rencontrer beaucoup de gens d’horizons différents. Je le referais sans hésiter !

 

 

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