Portrait d’EIC : Sonia, architecte

Sonia pvtiste
Copyright : Adeline de Oliveira
Assurances PVT Canada

Après un BTS Design d’espace de deux ans, Sonia rentre directement en deuxième année dans une école d’architecture. Pendant ses études, elle effectue un premier stage dans une agence au Maroc, puis un autre dans un cabinet réputé en Espagne.

Pour sa quatrième année, elle part en Corée avec un visa étudiant et rentre ensuite en France afin de passer son diplôme. Elle fait ensuite son stage de master dans une agence parisienne chez qui elle travaille pendant un an et demi. C’est à la fin de cette expérience parisienne qu’elle décide de partir au Canada.

En 2015, elle obtient son PVT de deux ans et s’envole pour Montréal trois semaines après.

Expérience Canada

Pourquoi le Canada ?

J’ai d’abord hésité à retourner en Corée mais j’avais envie de changer, de vivre une nouvelle expérience dans un autre pays. Le Canada, ou le Québec plutôt, m’a d’abord attiré pour l’accessibilité de la langue. Malgré mon anglais courant, je suis partie toute seule sans connaître personne donc cela faisait une barrière en moins. La légende urbaine sur Montréal en termes de design et de culture m’a également beaucoup motivée. J’ai commencé mes recherches d’agences et découvert que beaucoup me plaisaient, il ne m’en fallait pas plus pour franchir le pas !

Une fois sur place…

En arrivant, c’est un ancien ami que je n’avais pas vu depuis des années qui m’a hébergée. La première semaine a été particulièrement dure. J’étais toute seule dans un quartier éloigné du centre et il pleuvait tous les jours, si bien que je ne sortais de l’appartement que pour faire mes courses. Je passais le plus clair de mon temps sur les réseaux sociaux à discuter avec mes proches en France. Je me sentais tellement mal que j’avais envie de rentrer.

Puis, au bout de cette semaine, le soleil s’est enfin montré. Je suis allée me balader sur le Plateau et j’ai littéralement adoré ! Il faisait beau et chaud, je découvrais les rues colorées bordées d’arbres, il y avait du monde dehors… Tout cela m’a reboostée. J’ai rencontré une autre pvtiste qui m’a aidée avec toutes les formalités (NAS, téléphone, compte en banque, etc.). Nous sommes rapidement devenues amies et elle m’a présenté pas mal de gens, notamment en m’emmenant dès le premier soir dans une soirée avec d’autres expat.

À partir de ce moment là, j’ai commencé à rencontrer de plus en plus de personnes et à aimer vraiment la ville. Je me suis trouvé un appartement en coloc pour l’été puis j’ai profité de la belle saison avant de me mettre à chercher du travail. Ces vacances ont été parfaites et je me suis remplie des joies de Montréal.

En septembre, je me suis installée en colocation dans un super appartement vers Jean Talon avec cette fameuse pvtiste. Après l’emménagement, j’ai commencé à chercher du boulot en tant qu’architecte et je travaillais en parallèle dans le restaurant d’un ami. Un bon quotidien s’est installé, je rencontrais encore du monde et je me plaisais vraiment ici même si j’avais du mal à trouver du travail dans mon domaine. J’ai continué au restaurant jusqu’en décembre. J’ai passé le Nouvel An à New York puis je suis partie à Toronto pour l’anniversaire d’une amie. Je suis rentrée en France plusieurs semaines pour voir ma famille et ce séjour n’a fait que confirmer mon envie d’être à Montréal.

À mon retour en février 2016, je me suis motivée beaucoup plus sérieusement pour trouver un travail en archi. La coloc se passait mal et je cherchais aussi un autre appartement. Ce retour était finalement comme un nouveau départ pour moi.

Vers la fin de l’hiver, les choses se sont bien enchaînées. J’ai répondu à une annonce d’un designer intérieur qui recherchait un architecte pour réaliser les documents de permis de plusieurs projets à Montréal, j’ai donc commencé avec le statut de travailleur autonome. Je travaillais pour lui en tant que dessinatrice et pas en tant qu’architecte (car je n’ai pas fait l’équivalence de diplôme). Il y avait plusieurs projets et de gros horaires, j’étais à la fois au bureau et sur les chantiers. Mon client travaillait tout seul pour sa propre agence et me laissait donc pas mal de responsabilités. J’aime ce genre de contexte et le challenge me motive beaucoup !

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Dans ce même laps de temps, je me suis installée dans un nouvel appartement avec une amie. L’endroit était génial, un non meublé que nous avons eu tout le loisir de décorer pour en faire un véritable « chez nous ». À ce moment tout était parfait.

La suite de ton Expérience Internationale Canada ?

Puis je suis partie au Mexique pendant les vacances de la construction. À mon retour, la tendance s’est rapidement inversée. J’ai eu beaucoup de mal à reprendre le rythme effréné du boulot. Au départ, j’ai d’abord pensé que c’était le contrecoup du retour de vacances mais non. J’ai pris conscience de ce que je voulais pour mon avenir professionnel et le travail ne collait pas, l’identité de l’agence, la manière de travailler ne me correspondaient pas. Pour moi l’architecture est un art avant tout. Ici, nous étions clairement dans le business avec un objectif centré sur l’argent, la rentabilité plutôt que sur la créativité et l’envie d’expérimenter. Il n’y avait plus de challenge et j’ai réalisé que chaque projet se ressemblait.

J’ai eu beaucoup de mal à en parler à mon client mais finalement j’ai décidé d’arrêter en octobre 2016. La séparation s’est mal passée car celui-ci refusait de me payer et profitait de ma situation temporaire au Canada pour ne pas répondre aux appels. Il m’a même menacé de porter plainte à l’ordre des architectes, sans argument valable. J’ai décidé de prendre sur moi et de laisser tomber, de tirer un trait sur mon salaire. Me battre avec lui n’allait rien m’apporter. Cela m’a fait comprendre la mentalité de certaines personnes ici, le côté business et chacun pour soi.

J’ai recommencé mes recherches mais cette fois dans les agences d’architecture qui me plaisaient. J’ai fais mon site, mes cartes de visites, j’ai participé à de nombreux 5 à 7, soirées de réseautage, etc. Mais le travail en tant qu’architecte impliquait de passer une équivalence malgré mes diplômes français. Cela n’a rien donné, je me suis rendue compte de la difficulté à trouver un travail pour quelqu’un de diplômé et de formé, la face sombre du « rêve canadien », celle dont on ne parle presque jamais. La réalité était bien différente de l’image que je m’en étais faite.

En janvier 2017, j’ai décidé de faire un break et de partir deux semaines au Guatemala avec deux amies. Ce voyage m’a permis de prendre de la distance sur mon expérience à Montréal. Il me fallait du changement, j’étais arrivée au bout des choses. Je voulais un environnement artistique et culturel effervescent, un lieu où les gens cherchaient à avancer ensemble, à évoluer en se posant des questions de fond, pas uniquement techniques ou encore superficielles.

À mon retour, je me suis mise à tout analyser et à tout rejeter, à voir la fausseté partout. J’ai donc décidé de trouver un petit job jusqu’à la fin de mon PVT pour mettre des sous de côté tout en profitant de mes amis pendant les derniers mois.

Aujourd’hui, il me reste quelques semaines avant que mon visa ne se termine. Je compte passer l’été en touriste à Montréal puis ensuite rentrer en France. Ce que j’ai vécu ici m’a donné envie de rencontrer, de visiter, d’explorer un nouveau pays riche en histoire, en culture, en tradition, en arts, etc. J’ai donc décidé de partir en PVT en Colombie à l’automne 2017, et sûrement au Japon après cela.

Concernant mes deux ans en PVT au Canada, je n’ai pas de regrets et je le referais évidemment. Malgré le négatif et les expériences difficiles, cela m’a permis de rencontrer des gens précieux et de savoir ce que je veux vraiment. J’ai énormément appris, je me suis beaucoup remise en question et j’en sors grandie. Le résultat est super positif ! C’est une expérience à vivre pour pouvoir ensuite juger, une expérience qui est propre à chacun. Pour moi, cela a finalement été une prise de conscience, un passage, une transition vers d’autres pays et d’autres envies.

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