Lexique québécois pratique : les essentiels du français de nos cousins

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On ne va pas se mentir, l’arrivée au Québec n’est pas forcement facile pour les oreilles françaises qui vont avoir besoin d’un temps d’adaptation. Ici, on parle la même langue mais l’accent est différent et certains mots ont une autre signification que celle que l’on connaît. Voici donc l’essentiel de survie, un lexique québécois pratique pour mieux communiquer.

Lexique québécois : Le français au Québec

Au Canada, le français et l’anglais sont les deux langues officielles. Cependant au Québec, province composée en majorité de francophones, c’est le français qui prône et l’usage de la langue de Molière y est même largement revendiqué !

Le québécois est un français différent de celui que l’on connaît, avec ses propres expressions et ses propres mots. Il se compose de plusieurs influences liées à l’histoire de cette province : des termes amérindiens empruntés aux populations autochtones, des anglicismes, des archaïsmes français (termes de vieux français encore utilisés) et des mots/expressions 100% québécois que vous ne trouverez qu’icite (signifie « ici ») !

Pour la petite histoire (largement résumée)…

Le Québec a d’abord été une colonie française, la langue parlée était donc le vieux français. En 1763, l’empire français doit laisser ce bout de territoire à l’empire britannique et les échanges cessent entre la France et le Québec. La langue va alors se scinder puis différer d’un côté de l’Atlantique et de l’autre. Chacune va évoluer de façon indépendante, l’anglais va être imposé au Québec mais les habitants vont chercher autant que possible à conserver leur précieux français.

Au 19ème siècle, on assiste à un éveil du nationalisme francophone. En 1867, le Canada est divisé en provinces dont une demeure majoritairement francophone : le Québec.

Lexique québécois pratique : Vers 1967, Québec Libre.
Copyright : Claude Robillard

Lexique québécois pratique  : L’essentiel du parler québécois

Basiques

  • Allo ! = salut, hello !
  • Bon matin = bonjour
  • Bienvenue = de rien, il n’y a pas de quoi
  • Correct (prononcer « correc ») = ça va, tout va bien
  • Fin de semaine = weekend
  • À tantôt = à bientôt, à plus tard
  • Icitte = ici
  • Faque (ça fait que) = alors, donc
  • À date = jusqu’à maintenant

Au quotidien

  • Déjeuner = petit-déjeuner
  • Dîner = déjeuner
  • Souper = dîner
  • Breuvage = boisson
  • Demander la facture = demander l’addition
  • Faire l’épicerie = faire les courses (nourriture)
  • Le dépanneur = l’épicier du coin
  • Char = voiture
  • Gaz = essence
  • Magasiner = faire les magasins
  • Full = beaucoup, plein
  • Pogner = attraper
  • Laveuse = machine à laver
  • Sécheuse = sèche-linge
  • Hydro = électricité (charges)
  • Frette = froid
  • Ploguer = brancher un appareil
  • Lumière = feu de circulation
  • Bicycle = vélo
  • Céduler = planifier
  • Cellulaire = téléphone portable

Relations humaines

  • Blonde = petite copine
  • Chum = petit copain (peut aussi se dire d’un très meilleur ami)
  • Bec = bisou
  • Chicane = dispute
  • Joke = blague
  • Un party (prononcer « parté ») = une fête
  • Jaser = parler, discuter
  • Cliquer = bien s’entendre avec une personne
  • Frencher = embrasser sur la bouche (Plus précisément avec la langue !)
  • Catcher = comprendre
  • Niaiser = se moquer
  • Crouser = draguer
  • Choquer = offenser, fâcher
  • Être crampé = rire aux éclats
  • Péter une coche = s’énerver
  • Être accoté = vivre ensemble
  • Être en famille = être enceinte

Les vêtements

  • Bas = chaussettes
  • Chandail = gilet ou pull
  • Mitaines = moufle
  • Tuque = bonnet
  • Running = chaussures de sport
  • Bobettes = sous-vêtements, culottes
  • Claques = protections de chaussure en caoutchouc
  • Coton ouaté = sweat-shirt
  • Gougounes = sandales de plage
  • Lousse = trop grand

Argent

  • Piastre (prononcer « piasse ») = dollar
  • Du change = de la monnaie
  • Dispendieux = cher
  • Payer cash = payer en liquide

Exemples de mots à ne pas confondre…

  • Gosses = testicules (à retenir pour éviter les malentendus !)
  • Catin = poupée
  • Écœurant = incroyable
  • Fin = gentil

Expressions diverses

  • Mets-en = tu parles !
  • Pantoute = rien, pas du tout
  • Checker = surveiller, vérifier
  • Dealer avec une situation = accepter, vivre avec
  • Avoir de la misère = avoir du mal
  • Être brûlé = être fatigué
  • Prendre une chance = prendre un risque
  • Prendre une marche = aller se balader
  • Avoir du fun = s’amuser
  • C’est plate = c’est ennuyant, c’est dommage
  • Être tanné = en avoir marre
  • Barrer une porte = Fermer une porte à clé

Quelques blasphèmes

  • Tabarnak
  • Câlice
  • Crisse
  • Maudit
  • Sacrament
  • Ciboire

Les mots « machés »

  • Le « il » se transforme en « y ».

Exemple : Y fait ben frette !

  • Le « je suis » se transforme en « chu ».

Exemple : Chu tannée !

  • Le « et puis » se transforme en « pis ».
  • Le « bien » se transforme en « ben ».

Le fameux double « tu »

Celui-ci est particulièrement périlleux et, avouons-le, incompréhensible pour les nouveaux arrivants.

Les exemple :

  • Ça se peut-tu ?
  • Tu penses-tu ?
  • Il vient-tu ?
  • On y va-tu ?

Ici le « tu » est en fait utilisé comme un marqueur interrogatif. Il ne désigne pas forcément la deuxième personne du singulier.

Lexique québécois pratique  : À savoir

  • N’essayez pas de trouver un sens particulier ou de définir qui a raison ou tort dans l’utilisation de ces mots, qui a un accent ou pas. Vous risquez surtout de vous mettre les québécois à dos. Prenez la langue comme elle est, c’est le meilleur moyen pour rencontrer des gens et vous imprégner de cette culture.
  • Le québécois n’est pas un français déformé mais plutôt un français historique se rapprochant de celui parlé en France au 17ème siècle.
  • Le tutoiement est très fréquent au Québec donc ne le prenez pas pour un manque de respect si un inconnu l’utilise avec vous.

Pour vous aider, je vous propose cette vidéo du « Québécois pour les nuls » de la série Solange te parle. N’hésitez pas à visionner les autres vidéos de cette québécoise pleine de finesse et d’humour !

Vous trouverez également un lexique complet sur le site Jeparlequébécois.com.

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9 COMMENTAIRES

  1. Quelques corrections/précisions s’imposent :
    Frencher, c’est embrasser avec la langue, et non embrasser sur la bouche

    Plusieurs mots sont liés à la température nordique :
    Sloche (neige mouillée dans la rue)
    Poudreuse (neige légère portée par le vent)
    Banc de neige (congère)

    Aussi, on utilise parfois le système métrique, parfois le système impérial :
    Température extérieure : Celcius
    température de l’eau d’une piscine ou d’un four : Farenheit
    Vitesse : km/h
    Poids d’une personne : livre
    Poids d’un aliment : kilo ou livre
    Grandeur : Pieds et pouces

    Par ailleurs, certaines particularités tendent à disparaître selon les régions. Par exemple, la prononciation «moé» du mot «moi» n’est plus utilisée dans plusieurs régions.

    Et finalement, il n’y a pas qu’un seul accent québécois, il y en a plusieurs. Étant originaire de Québec, j’ai parfois de la difficulté à comprendre l’accent des Îles-de-la-Madeleine et encore plus celui de l’Acadie. C’est là toute la beauté du français : ses différentes couleurs et accents 🙂

    P.S. au Québec aussi, les stéréotypes pleuvent : si on demande à un Québécois d’imiter l’accent français, il imitera sans doute l’accent parisien et non celui de Marseille.

  2. C’est super sympa…. Moi toute ma vie j’ai rêvé d’y aller faire un tour chez vous autres.
    Manque de pot, je vis sans char.
    Mon chum en avait un mais il est là haut… Je crois qu’il aurait bien aimé
    Je vais sur un site Québécois mais on est rares… Franco-Belge, je vous laisse deviner tous les parler patoisant qu’il y a chez nous.

  3. Coucou! Merci beaucoup pour ce lexique de base, je trouve ça super!
    C’est vraiment un bon résumé, vraiment une bonne sélection de base.

    Par contre, je dois vous dire, en ma qualité de linguiste : on ne peut pas parler de « double tu » comme terminologie parce qu’il n’y a pas de redoublement. C’est un « tu interrogatif », il n’y a pas de redoublement dans ce cas-ci.

    Autrement, le il n’est pas mâché mais bien contracté.

    Le français québécois n’est par définition pas un français « historique » puisqu’il est parlé aujourd’hui.

    • Je vais même rajouter pour le tu interrogatif et expliquer d’où ça vient! En fait , l’origine du -tu interrogatif vient du-ti du vieux français qui servait d’alternance pour dire en début de phrase « Est-ce que? », par exemple, « Est-ce que tu y vas? », devient, « Tu y vas-ti? » en vieux français, et par le temps et accoutumance, en québécois deviens, « Tu y vas-tu? »! Donc, finalement, le -tu n’as rien à voir avec les pronoms, mais est juste tout simplement une simplification interrogative!

    • C’est plutôt: nounounerie… pas de « s »: c’est lorsqu’on parle de choses qui ne sont pas très importantes, un peu idiotes…. et non de la bassesse qui donne un tout autre sens.

      En passant « icitte » est peut-être encore utilisé, mais ce serait plutôt rare selon moi. Mon arrière grand-mère (qui était née en région) disait « icitte », et « du la » (pour « du lait »). Je ne l’ai plus entendu ensuite, sauf dans des pièces de théâtre de Michel Tremblay.

  4. Très bien expliqué et j’aime savoir que nous aussi au Québec nous avons notre ( langage particulier)
    Âgée de 84 ans je me rappelle très bien du parler de mes grands parents qui timbait plutôt que de tomber et qui montaient sur un petit bin à la place d’un petit banc
    Et combien d’autres mots qui nous faisaient bien rirent nous les enfants
    Quels bons souvenirs!

  5. Je peux rajouter dans les termes de français québécois, des termes mentionnées dont les français de France vont dire de leurs façons, nous le disons aussi à certains moments!

    Par exemple:

    Pour la partie Basique:

    Pour Allo !, on dit aussi bien de temps à autres, salut et hello !
    Pour Bon matin, c’est rarement utilisé et majoritairement, en tant que québécoise moi-même, j’entends tout le monde incluant moi-même dire bonjour à tout moment de la journée à la place!
    Pour Bienvenue, on dit aussi, de rien, il n’y a pas de quoi de temps à autres!
    Correct (prononcer « correc »), on dit aussi, ça va, pour tout va bien, c’est plus rare
    Fin de semaine et weekend, on dit les 2, mes plus souvent weekend
    À tantôt, on va dire aussi souvent, à plus tard

    Au quotidien

    Breuvage et boisson sont dit les 2 interchangeablement
    Bicycle et vélo, j’entends la majorité de mon entourage incluant moi-même plus utiliser vélo! Le terme Bicycle était plus utilisé, il y a de cela des années, mais avec le regains d’envie de faire du vélo plus souvent ces derniers temps=çi, nous utilisons de plus en plus le terme vélo.

    Relations humaines

    Pour Catcher, je rajouterais que ça viens aussi de l’angliccisme de quelqu’un qui parle à quelqu’un d’autre et que la personne finalement comprends et s’exclame en anglais « I got it! »
    Pour Être accoté, je ne l’ai jamais vu être utilisé pour le terme de vivre ensemble, mais plutôt pour une situation en automobile lorsque la police te fait arrêter sur le chemin pour voir tes papiers, on dit à ce moment que tu t’es fait accoter!
    Pour Être en famille, je ne l’ai jamais vu utilisé pour être enceinte, au Québec, il a toujours été utilisé lorsque tu va faire une soirée avec ta famille et dont tu soulignes que tu te retrouves avec tes membres de ta familles pour être en bonne compagnie et te sentir à ta place!

    Les vêtements

    Chandail, gilet ou pull, on utilise les 3
    Bobettes, sous-vêtements, culottes, on utilise les 3, mais moins souvent le terme sous-vêtements
    Coton ouaté et sweat-shirt, on dit les 2, moins de fois pour le sweat-shirt, mais on le dit aussi de temps à autres

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