Portrait d’entrepreneur : Aurélie, fondatrice de Made In

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Aurélie Sauthier est la fondatrice de Made In, la première agence de marketing influenceurs au Canada. Après une prépa à Lyon, elle s’installe à Montréal en 2005 pour poursuivre ses études. En 2012, elle décide de tenter l’expérience de l’entrepreneuriat au Canada en lançant Made In.

Comment es-tu arrivée au Canada ?

Je suis arrivée à Montréal en 2005, j’avais à peine 18 ans et je réalisais enfin mon rêve de partir vivre à l’étranger. Ça peut paraître jeune, mais j’ai toujours su que je vivrais à l’étranger, alors quand j’ai découvert HEC Montréal il ne me restait qu’à convaincre mes parents que c’était la meilleure option pour moi.

À l’époque, j’étais dans une excellente prépa à Lyon mais j’avais besoin de nouveautés et de grandeur. 6 mois plus tard, je posais mes valises à Montréal. Je pensais rester 3 ans là-bas puis aller explorer d’autres horizons par la suite… 12 ans plus tard je suis plus montréalaise que jamais !

J’ai adoré mes études à HEC Montréal, j’y ai découvert une culture complètement différente de la France à laquelle j’ai adhérée complètement dès le début, ça me correspondait beaucoup plus. J’ai la chance d’avoir pu assouvir ma passion du voyage pendant mes études, ensuite c’est la passion de l’entrepreneuriat qui a pris le dessus. Et je me suis mariée avec un Québécois !

Qu’est-ce qui t’a poussée à monter ton entreprise au Canada ?

J’ai lancé Made in en 2012 alors que personne ne s’intéressait encore au marketing d’influence, j’étais moi-même blogueuse depuis déjà 5 ans et j’étais très impliquée dans les communautés de blogueurs en France et aux États-Unis. À l’époque, il y avait quelques joueurs dans l’industrie, mais ils se trouvaient souvent dans une seule niche (notamment des mommy bloggers), et rien n’existait encore au Canada.

En 2010, je travaillais depuis 3 ans en agence en tant que web media planner et je commençais à proposer des stratégies blogueurs à mes clients. À ce moment là, quand on parlait d’influence en ligne, c’était encore principalement des blogueurs alors qu’aujourd’hui nos stratégies sont aussi bien sur YouTube, Instagram, Pinterest, Facebook mais également sur les plateformes de live ou de chat.

Il était difficile de démontrer la valeur de cette nouvelle façon de faire de la publicité, basée sur du contenu et des personnalités, alors que les annonceurs étaient beaucoup plus orientés vers l’évolution des solutions programmatiques. En 2011, je me suis dit que si je voulais vraiment transformer mon industrie et avoir un réel impact, je devais me lancer avec ma propre entreprise.

C’est de là que Made in est née. Quatre ans plus tard, nous avons dépassé le million de chiffre d’affaires, nous avons une équipe de neuf personnes employées à temps plein et des clients dans six pays !

As-tu rencontré des difficultés dans ton parcours d’entrepreneur ?

Bien sûr ! Les premières années sont toujours très difficiles financièrement pour un entrepreneur et il faut être prêt à faire beaucoup de sacrifices personnels, à être créatif et à persévérer malgré l’instabilité financière. Je pense qu’il faut croire en son projet à 100% sinon il me semble difficile de passer ce stade. Ce n’est pas pour rien que 50% des entreprises ferment avant 5 ans.

Il faut être prêt à s’accrocher, ne jamais se laisser abattre et continuer à cogner aux portes. Dans le cas de Made in, le défi a été d’autant plus difficile que nous étions pionniers au Canada dans le domaine du marketing d’influence, et nous avons du faire beaucoup d’éducation pour convaincre nos premiers clients, même encore aujourd’hui.

Nous avons aussi fait certains investissements dans des projets qui n’ont pas donné les résultats escomptés. Mon associée (qui est aussi ma soeur) et moi avons une très faible aversion au risque et cette volonté de toujours innover, d’essayer de nouvelles choses est très ancrée dans notre culture d’entreprise. Je ne crois pas au statu-quo, il faut bouger pour avancer

Je pense que notre succès vient aussi du fait qu’on a toujours su voir les évolutions de l’industrie dès leurs balbutiements et nous avons une approche très stratégique, multiplateformes et intégrée.

Quel(s) conseil(s) aurais-tu à donner aux Français qui aimeraient tenter l’aventure de l’entrepreneuriat au Canada ?

De se lancer ! C’est l’étape qui fait le plus peur mais qui, après coup, est la plus facile. L’entrepreneuriat est un marathon et non un sprint. Les vrais défis quand on est entrepreneur sont dans la croissance : assurer sa rentabilité, recruter de bons éléments dans son équipe, développer de nouveaux produits, percer de nouveaux marchés, etc.

Au Canada, on a la chance d’avoir accès à beaucoup d’aides pour se lancer, des programmes de bourses ou de subventions, mais également des formations et ensuite, pour nous accompagner dans la croissance, différents programmes de mentorat, des ateliers spécifiques, des missions commerciales, etc.

Mon conseil serait de rechercher et de profiter de ces programmes. Non seulement ce sera un coup de pouce important au début, mais c’est aussi très bénéfique de rencontrer d’autres entrepreneurs avec qui échanger sur des problématiques similaires et construire un réseau d’entraide. Aujourd’hui, je fais partie d’un groupe de femmes entrepreneurs en techno, on se rencontre chaque mois et c’est toujours une véritable source d’inspiration !

Des projets pour la suite ?

Après plusieurs allers-retours cette année en Europe, où j’ai développé plusieurs clients avec des agences partenaires (Oreo, FOX, Estée Lauder, Doritos, ING, etc.), nous venons d’ouvrir un deuxième bureau à Paris pour continuer notre expansion en France. Nous avons donc de nombreux projets en cours pour propulser notre expansion internationaleÀ suivre !

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