Baie-James et Eeyou Istchee : la Terre du peuple Cris

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Après avoir rendu visite aux Inuits du Nunavik, il est temps de partir à la découverte d’un peuple d’amérindiens tout aussi énigmatique : celui des Cris. Ces derniers se sont établis en grand nombre dans la partie ouest du Québec, dans la municipalité de la Baie-James, il y a des millénaires. Ils ont nommé leur territoire « Eeyou Istchee », expression qui signifie « la terre du peuple » dans leur langue, le cri.

Connus pour être un peuple chaleureux et ouvert d’esprit, les Cris se feront un plaisir de vous accueillir dans leurs terres et de vous guider à travers leur culture ancestrale.

Immersion chez les Cris

Tout d’abord, qui sont les Cris ? Tout simplement l’une des plus anciennes nations autochtones d’Amérique du Nord. De tous les amérindiens présents au Canada, ils forment la plus grande tribu puisqu’on en dénombre pas moins de 200 000 dans le pays. Au Québec, environ 15 000 cris sont répartis dans la Baie-James et divisés en 9 communautés, situées aussi bien le long de la baie qu’au cœur des terres. Les Cris ont leur propre administration et sont gérés, depuis les années 70, par le Grand Conseil des Cris. L’arrivée de « l’homme blanc », au 16ème siècle, les a forcé à se sédentariser et à fonder une communauté qui leur est propre.

Baie-James

La culture Cris oscille entre conservation de traditions millénaires et penchant pour la modernité. Les autochtones vivent toujours de leur artisanat, de leur pêche et de leur chasse, mais ils ne rejettent pas l’idée du changement.

Pour preuve, le jeune village d’Oujé-Bougoumou, qui a été cédé aux Cris après des décennies de lutte contre les prospecteurs blancs qui voulaient les expulser et exploiter le terrain propice au commerce du cuivre. Les Cris ont fini par obtenir gain de cause et ont officialisé l’acquisition du village en 1989. Depuis, Oujé-Bougoumou s’est vu décerner le prix d’habitat d’Excellence de l’UNESCO : celui-ci applaudit les efforts des habitants qui ont tenté de construire leur village à la fois dans le respect des coutumes cries et dans une optique des plus modernes, celle du développement durable.

Pour faire court, le village d’Oujé-Bougoumou est devenu, pour tous les amérindiens du Québec, un symbole à la fois de lutte et d’intégration. D’ailleurs, Oujé-Bougoumou signifie, en cri « l’endroit où les gens se rassemblent ».

Un périple à Eeyou Istchee est donc l’occasion rêvée pour se plonger en plein cœur de la culture amérindienne. Mise à part Oujé-Bougoumou, huit villages cris sont répartis dans la Baie-James : 4 se trouvent sur le littoral de la baie (Chisasibi, Eastmain, Waskaganish, Wemindji) et 3 se trouvent au milieu des terres (Mistissini, Nemaska, Waswanipi). Whapmagoostui, enfin, est le seul village d’Eeyou-Istchee à se situer dans le Nunavik et non pas dans la Baie-James.

Avant votre départ, pensez à vous procurer un bon dico cri-français, puisque près d’un tiers des Cris du Québec ne parlent que leur langue natale et n’ont aucune notion du français ou de l’anglais. Mis à part ce petit détail, vous allez vite vous rendre compte que vous séjournez dans l’un des peuples les plus tolérants qui soient. Preuve de leur volonté de partager : les Cris, contrairement à la plupart des tribus autochtones, encouragent l’union entre les différents peuples. Autrement dit, bon nombre de métis ont vu le jour suite à de joyeux batifolages (autorisés) entre blancs et amérindiens.

Baie-James

Dans la plupart des villages d’Eeyou-Istchee se trouvent des camps culturels, fondés par les Cris eux-mêmes, destinés à faire partager leurs coutumes aux visiteurs bien souvent curieux d’en apprendre plus. Dans le village de Waswanipi, par exemple, de nombreux évènements annuels permettent aux touristes de se plonger dans cette culture totalement inédite : récolte de nourriture, pêche de nuit, fabrication de mocassins, sculpture sur bois, dégustation du bannock, etc. Vous cohabiterez avec les Cris et, une fois la nuit tombée, vous pourrez jouir d’un repos bien mérité dans votre tipi planté au bord du lac Waswanipi. Si vous n’avez pas la peau assez dure pour passer la nuit dans un logement aussi sommaire, ne craignez rien : de confortables hôtels vous attendent dans tous les villages d’Eeyou-Istchee !

Baie-James et Eeyou Istchee : Découverte du territoire

En plein cœur de la région de la Baie-James se trouve le plus grand lac naturel de tout le Québec, le Mistassini. Il recouvre plus de 2 300 km2 et se trouve dans la réserve faunique des Lacs-Albanel-Mistassini-et-Waconichi, la plus grande de la province. La végétation qui l’entoure est, elle aussi, unique en son genre et encore plus luxuriante que dans le reste de la région : une gigantesque forêt s’étend de part et d’autre du lac, dans laquelle vous pourrez cueillir des bleuets à foison. Ce petit fruit semblable à la myrtille est très apprécié des amérindiens, qui, fins gourmets, l’utilisent aussi bien sous forme de thé, de bonbons, que de desserts.

Côté faune, vous aurez peut-être la chance de croiser quelques castors, des renards arctiques, des loups ou encore des caribous se rafraîchissant dans le lac. Toutefois, les animaux se sont raréfiés à cet endroit précis à cause de la chasse intensive pratiquée par les Cris, qui n’ont pas toujours eu accès à d’autres sources d’alimentation.

Baie-James

Le lac Mistassini se prête bien entendu à toutes sortes d’activités estivales : la baignade, le kayak, la planche, etc. Mais même en hiver, il est le chouchou des touristes à la recherche d’inédit. Sur sa surface gelée, vous pourrez par exemple pratiquer le kitesurk, le patin, les raquettes, etc.

Ceux qui veulent vivre à fond leur expérience nordique se laisseront tenter par la pêche blanche. Le principe : on creuse un trou dans la glace, on trempe sa canne à pêche et on attend que ça morde… comme un véritable amérindien.

Au coeur du lac Mistassini se trouve l’île Rouleau qui s’étend sur 4km de long et dont l’origine remonte à plus de 300 millions d’années : il s’agit en fait d’un cratère de météorite dont les bords remontent à la surface. Au sud du lac se trouvent le village et la réserve de Mistissini, qui abritent le plus grand nombre de Cris du Québec. Vous pourrez y trouver un logement et vous procurer des forfaits de pêche.

La région de la Baie-James est idéale pour la randonnée. En été, il vous suffira d’emmener votre meilleure paire de chaussures de rando pour être équipé pour l’aventure, alors qu’en hiver, la raquette sera, bien entendu, de rigueur. À l’intérieur même de Matagami, qui n’est pas un village cri mais est essentiellement habité par des québécois, vous aurez accès à un sentier de 3,5 km. Vous trouverez sur votre chemin des forêts, divers plans d’eau, un point d’observation et quelques terrasses pour faire une pause et boire un bon jus de bleuet.

Mais en réalité, Matagami n’est qu’un point de départ pour une aventure encore plus palpitante : le village s’ouvre sur 60 km de sentiers de randonnée balisés, le tout dans une végétation très variée. Forêt boréale, taïga, toundra, etc. Un véritable échantillon nature, dans lequel vous allez probablement tomber nez à nez avec quelques créatures venues du grand nord.

Le must : la découverte du Mont Laurier, l’un des volcans les plus vieux du monde. Depuis son sommet, vous aurez une vue plongeante sur les villages alentours et le vaste territoire de la Baie-James. Au cours de votre randonnée, n’hésitez pas à vous installer au bord du lac Matagami, à y pêcher la célèbre perche dorée ou encore à vous la couler douce en kayak. D’ailleurs, pendant que vous y êtes, partez explorer le secteur Matisse, uniquement accessible par l’eau. C’est un coin unique qui, comme les peintures de celui qui lui a donné son nom, regorge d’une végétation vive, colorée et surprenante.

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En hiver, enfin, vous pourrez effectuer la traversée de la surface gelée du lac Matagami en raquettes et, pour les plus téméraires, oser le camping de nuit – auquel il vaut mieux s’initier en compagnie d’un guide, bien évidemment. Le ski de fond est également très populaire en hiver dans la région, et un sentier de 16km est exclusivement réservé à cette activité.

Pour ceux qui en ont par-dessus la tête et qui voudraient pouvoir explorer le coin sans attraper de courbatures, une activité semble toute indiquée : la motoneige ! Tout le secteur sud de la Baie-James est relié par des sentiers prévus pour son utilisation, qui vous permettront de rejoindre de nombreux villages : Valcanton, Chibougamau, Matagami, Waswanipi, Oujé-Bougoumou, Mistissini, Chapais, etc. La région est d’ailleurs réputée pour la qualité et l’abondance de sa neige, qui rendent le motoneige idéal, même en hors piste.

Pratique corner

  • Vous pouvez accéder à Eeyou Istchee et aux réserves des Cris en voiture depuis le sud, en passant par la Baie-James. Seul le village de Whapmagoostui, qui se situe dans le Nunavik, n’est relié par aucune route et ne peut être rejoint que par les airs. Si vous n’avez pas de véhicule, vous pouvez prendre l’avion jusqu’à la ville de Chibougamau, dans la Baie-James, puis accéder aux différents villages. Pour ce qui est de l’hébergement, les 9 réserves cries et la plupart des villes de la municipalité disposent d’hôtels, d’un camping et de tipis.

Nos conseils d’hébergement du petit prix au coup de cœur.

Un hôtel avec un excellent rapport qualité prix

Motel Iris

Simplicité, confort, calme et personnel attentif : ce motel est une très bonne alternative pour une ou deux nuits dans la région de Baie James. Les chambres comprennent toutes une salle de bain privatise, la climatisation, un petit frigo et une machine à café. Un petit déjeuner continental est inclus dans le prix. En savoir plus

Notre coup de cœur

Gîte de la Rivière

Située juste en face de la rivière Chibougamau, cette grande maison de bois est l’endroit idéal pour un séjour douillet et agréable en nature. Toutes les chambres possèdent une salle de bain privative, ainsi qu’une vue sur le cours d’eau ou le jardin. Les petits déjeuners sont compris (et délicieux), et les hôtes aux petits soins, mettant même des embarcations à disposition des visiteurs en été. En savoir plus

Notre choix d’hébergement petit prix

Hôtel Opémiska

Si vous recherchez juste un endroit où passer la nuit pour un tarif accessible, ce petit motel fera largement l’affaire. Il propose des chambres sobres mais très propres et confortables, ainsi qu’une cuisine et un salon communs. Le petit déjeuner est compris et le personnel disponible pour répondre à toutes les questions.

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