Baie d’Hudson, entre Churchill et le parc national de Wapusk

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La baie d’Hudson est une gigantesque étendue d’eau qui fait partie de l’océan arctique et est entourée par les provinces canadiennes du Nunavut, du Manitoba, de la Saskatchewan et du Québec. Elle englobe au total plus d’un million de kilomètres carré, ce qui fait d’elle la deuxième plus grande baie au monde, et tient son appellation du pionnier du même nom qui s’est aventuré dans la région en Août 1610.

La baie d’Hudson fait partie de ces grands espaces qui effraient autant qu’ils intriguent. Pour en découvrir ne serait-ce qu’une infime parcelle, direction le nord-est du Manitoba, dans les environs de Churchill et du parc national de Wapusk, tous deux situés dans même la baie. Au programme : glaciers, forêts, ours polaires et aurores boréales.

Comment se rendre dans la baie d’Hudson ?

Puisque vous êtes sur le point d’aller dans l’un des endroits les plus isolés de la planète, quelques détails pratiques sont à régler avant de prendre la route. L’un d’entre eux étant, bien entendu, de trouver un moyen de transport jusqu’au nord du Manitoba.

Au départ de Winnipeg, plusieurs options s’offrent à vous : en avion, vous ne mettrez en moyenne que 2h30 pour rejoindre Churchill. La compagnie aérienne Calm Air propose des vols quotidiens et directs. Depuis l’avion, vous bénéficierez d’une vue imprenable sur les forêts et les étendues du Manitoba central. En quelques mots, le deal idéal, si ce n’est que le trajet risque bien de vous coûter cher : pour l’aller-retour, il vous faudra débourser la modique somme de 1200 dollars (minimum).

L’alternative la plus économique reste donc de prendre le train, à condition de ne surtout pas le louper ! Celui qui relie Winnipeg à Churchill ne circule que deux fois par semaine (les mardis et dimanches) et pour cause : le trajet dure plus de 45 heures. Notez que bien que les deux villes soient dans la même province, près de 1900 kilomètre les séparent ! C’est certain, on n’évalue pas les distances de la même façon en France qu’au Canada. Mais si la durée du voyage est décuplée par rapport à l’avion, les tarifs, eux, sont divisés par trois. Comptez malgré tout près de 400 dollars pour l’aller-retour en train.

baie d'HudsonBien sûr, une troisième option est possible : utiliser la voiture jusqu’à Thompson (au centre du Manitoba), puis emprunter un vol ou un train de Thompson à Churchill. Rouler directement jusqu’à Churchill est impossible, puisque la ville n’est reliée par aucune route ! L’avantage : vous pouvez aller à votre rythme et découvrir des paysages époustouflants tout au long de la route. Mais avec le prix de l’essence, ne vous attendez pas à faire des économies pour autant.

Enfin, pour aller jusqu’au parc national Wapusk, seulement deux options sont envisageables depuis Churchill : vous avez le choix entre l’hélicoptère ou le « tundra buggy », un véhicule tout terrain spécialement conçu pour circuler dans des conditions extrêmes, notamment sur une épaisse couche de neige. De toute façon, la découverte du parc de Waspuk est toujours encadrée par des organismes spécialisés, pour votre propre sécurité !

Churchill, capitale mondiale des ours polaires

Après tant d’émotions, vous voilà enfin à Churchill. Si vous êtes fatigué du voyage, imaginez ce qu’ont dû ressentir les premiers européens, des danois, quand ils sont arrivés à Churchill en 1619 après 4 mois d’expédition. Pour vous donner un aperçu, sur 64 hommes, seuls trois sont rentrés à la maison.

Cela vous donne une idée du climat auquel vous allez devoir vous confronter : en hiver, la température moyenne est de -35 degrés (mais descend parfois beaucoup, beaucoup plus bas) et dépasse rarement les 13 degrés en plein été. Vous allez goûter aux joies du climat arctique, tout simplement. Inutile donc de s’attarder sur l’importance des vêtements et chaussures que vous comptez amener dans votre valise.

Mais c’est grâce au froid qu’il y fait que Churchill est aujourd’hui considérée comme la « capitale mondiale des ours polaires ». La légende voudrait qu’il y ait, à Churchill, plus d’ours polaires que d’être humains. Alors prenez exemple sur eux : ne lésinez pas sur la doudoune ! Pour pouvoir les observer de près et leur piquer quelques « tuyaux pour hiver rigoureux », il est impératif de ne pas partir seul à l’aventure : adressez-vous à l’un des tours opérateurs que vous n’aurez aucun de mal à trouver dans le village. À bord d’un « tundra buggy », vous serez emmené dans un lieu sûr et depuis lequel vous pourrez observez les ours.

Les mois d’octobre et novembre sont les plus propices à l’observation de ces grands mammifères, puisque ces derniers attendent sur la baie que l’eau regèle enfin pour pouvoir reprendre la chasse.

baie d'HudsonSi l’ours polaire est, sans conteste, la star de Churchill et de la baie d’Hudson, d’autres animaux non moins intéressants y ont également élu domicile. Des oiseaux, tout d’abord, comme la chouette des neiges, mais aussi des renards blancs et des belugas par milliers. En été, on peut entendre leurs joyeux sifflements (que les marins prenaient autrefois pour les chants des sirènes) alors qu’ils remontent l’estuaire de la rivière Churchill. Vous pourrez allez les observer et jouer avec eux en empruntant un bateau ou un kayak avec les compagnies Sea North Tours et Lazy Bear Lodge.

Enfin, les chiens de traîneaux sont également une attraction importante, qui vous permettra de découvrir le coin d’une manière inédite.

baie d'HudsonPour ceux qui veulent en savoir plus sur l’histoire de Churchill et de la région de la baie d’Hudson, direction le musée de l’Eskimo. Vous apprendrez tout de la façon dont les Premières Nations ont survécu dans un territoire aussi hostile et reculé. De plus, vous y serez au chaud, pour changer !

Enfin, un conseil à ne pas négliger pendant votre découverte de Churchill : surtout, ne vous aventurez jamais seul hors du village. Les ours polaires sont des animaux extrêmement dangereux qui, en un coup de patte, vous réservent le même sort qu’aux milliers de saumons qu’ils ont déjà ingurgités. D’ailleurs, les locaux ont dû construire une « prison pour ours », où il leur arrive d’enfermer les animaux les plus agressifs pour éviter de devoir les tuer, en attendant que la baie ne regèle.

Le parc national de Wapusk

À 45 kilomètres à l’est de Churchill, toujours dans le prolongement de la baie d’Hudson, se trouve le Wapusk National Park. Ouvert depuis 1996, il couvre plus de 11 000 kilomètres de toundra et est accessible seulement en visites guidées. Pour pouvoir vous y rendre, vous devrez vous adresser aux tours opérateurs de Churchill, qui vous y emmèneront soit en hélicoptère, soit en « tundra buggy ».

En cri, langage de la tribu indienne du même nom, « Wapusk » signifie « ours blanc ». Vous l’aurez donc deviné : vous aurez, ici aussi, l’occasion de vous acoquiner avec le monstre des neiges en l’observant entre les glaciers. Plus étonnant, quelques grizzlis ont également pu être observés dans le parc ces dernières années.

baie d'HudsonPlus discret et plus agile, le renard arctique est un locataire discret du parc national de Waspuk. S’il a tout l’attirail d’une peluche qu’on a envie de câliner, il est fortement déconseillé de l’approcher, sous peine d’y laisser un membre. En été, le renard perd sa fourrure immaculée et arbore un pelage marron qui lui permettra de se fondre dans le décor.

Les caribous sont, naturellement, eux aussi présents en grand nombre dans le parc. Ils se déplacent généralement en tribus et sont facilement repérables grâce à leur pelage qui ressort sur la neige.

Enfin, vous rencontrerez peut-être quelques lemmings, ces rongeurs polaires, ou encore, parmi toutes les espèces d’oiseaux présentes dans le parc, des oies sauvages.

Le reste du temps, si aucun animal n’est visible, vous n’aurez qu’à admirer le paysage époustouflant qui vous entoure et tenter de réaliser que vous vous trouvez à deux pas de l’océan arctique.

Enfin, la région de la baie d’Hudson est propice à un phénomène que vous ne verrez certainement qu’une seule fois dans votre vie : les aurores boréales. Elles se produisent près de 300 nuits par an, faisant du coin l’un des plus plébiscités au monde pour leur observation. Pour ceux qui tiennent absolument à en voir, les aurores boréales se produisent le plus souvent en automne/hiver : vous avez effectivement le plus de chances d’en apercevoir au mois de Septembre, puis entre Janvier et Avril. Dans le ciel s’animeront, sans prévenir, des sillons d’une couleur souvent verte (elle varie selon les régions). L’intensité de la lumière vous donnera l’impression que quelqu’un vient tout simplement d’allumer la lumière au beau milieu de la nuit.

baie d'HudsonPratique corner

  • Si la découverte de la baie d’Hudson vous tente mais que les différents obstacles qui se mettent sur votre chemin vous découragent, il vous reste une solution : choisir un « package » qui inclut tout le voyage au départ de Winnipeg. De nombreux voyagistes proposent ce type d’excursions, en particulier pendant la saison des ours (octobre/Novembre), et prennent tout en charge : trajet, hébergement, activités.

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